Napoléon et Paris

En cette année de bicentenaire de la fin de l’épopée impériale française  et Waterloo… Quoi Waterloo ? connais pas Waterloo ! je ne sais pas où se trouve Waterloo ! personne ne sait où se trouve Waterloo !… donc je disais, allons faire un tour à Carnavalet qui récupère le thème en l’axant sur les liens entre l’empereur et la capitale.

L’exposition suit une approche thématique pas forcément évidente à suivre, en débutant par un rappel historique des faits très parisiano-centrés (en même temps c’est le sujet), puis en s’attachant à la vie de la cour avant d’aborder, ce qui est pour moi la partie la plus intéressante, l’influence sur l’architecture.

Sur la première partie, il y a donc un peu de tout, avis à la population, récits des attentats ou tentatives de coups d’état fomentés dans la capitale, et bien sûr la bataille de Paris :

Bivouac de cosaques aux Champs-Elysées, Alexander Sauerweid

bivouac

A l’époque, Paris vaut bien une fesse et les mœurs sont légères, chose surprenante les galeries du Palais Royal sont alors un haut lieu de la prostitution comme sur cette gravure de Louis Leopold Boilly :

palais-royalAprès, on arrive aux fastes de la cour, la volonté de créer une dynastie s’accompagne de la nécessité d’apparat et donc de nombreuses commandes mobilières, décoratives. J’avoue qu’on s’éloigne un peu du sujet mais il n’y a que quelques pièces.

Enfin on rentre dans le vif avec la partie urbanisme et là force est de constater que si les plans étaient grandioses, ce qui a été effectivement réalisé était plus raisonnable. C’est sous l’Empire que le premier pont métallique est construit en France : le pont des arts, qui déjà à l’époque rencontre un grand succès public. Toujours côté hydrologie, 3 autres ponts et le canal de l’Ourcq seront créés.

L’originalité de Napoléon est d’accorder autant d’importance aux constructions utilitaires publiques (marchés, fontaines) et aux édifices de prestige. Cela ne veut pas pour autant dire que les moyens mis en œuvre sont les mêmes : les premiers étant d’un style beaucoup plus sobre. Cependant peu réchapperont à la pioche d’Hausmann, les témoignages sont donc limités à la peinture et au dessin.

Halle aux vins :

HalleVins-Auguste HibonEn 1804, c’est aussi l’inauguration en grande pompe (funèbre) du Père Lachaise suite à une décision impériale.

La construction s’accompagne aussi de démolitions – dans le contexte de vente générale liée à la Révolution mais aussi de spéculations immobilières : église des Feuillants, Abbaye Sainte-Genevière (dont il ne subsiste aujourd’hui que le clocher dans l’enceinte du lycée Henri IV).

 

JP Houel : le cèdre du Liban au jardin des plantes (planté en 1734)

cedre_liban

Dans les réalisations de prestige on trouve :

  • Le Temple de la Gloire des Armées Françaises à la Madeleine, dont laconstruction a été décidée en 1806.
  • La Bourse : débutée en 1808, finie en 1826

 

Mais beaucoup de projets sont restés à l’étape de la planche à dessin, notamment le monumental  palais du Roi de Rome au Trocadéro et son quartier sur l’autre rive de la Seine :

Plan du palais du roi de Rome Chaillot

 

Vue du palais du Roi de Rome depuis le Champ de Mars

Des ouvrages plus restreints ne verront pas non plus le jour comme l’Éléphant de la Bastille (en tout cas seuls un plâtre à l’échelle, ainsi que le socle et le bassin verront le jour), et l’Obélisque du Pont Neuf.

D’autres ouvrages ne connaitront qu’une existence éphémère, comme le camouflage de Notre-Dame pour le sacre de Napoléon (le gothique n’étant pas encore revenu au goût du jour) ou le temple égyptien – sur le modèle de Denderah – sur la place des Victoires.

La dernière salle se consacre à l’héritage du Paris Napoléonien, en particulier sous Napoléon III qui cherche à récupérer la légende de son oncle. Il est donc bien évidemment question de la colonne Vendôme et de ses tribulations.

 

Lithographie de Raffet : « ils grognaient et le suivaient toujours », « la revue nocturne » ilsgrognaient

En conclusion, petite déconvenue, la partie vraiment « dans le sujet » ne représente qu’un petit tiers du parcours, la première partie historique n’est pas inutile si vous ignorez tout de l’épopée napoléonnienne mais semble avoir été un peu forcée pour caler au thème, voire servir de remplissage. Elle manque aussi un peu de regard critique, après tout on était en pleine dictature, même si quelques mentions apparaissent : présence de soldats tout au long des défilés pour éviter toute contestation, motivation mitigée des enrôlés volontaires.

Il manque aussi un peu de liant, d’articulations entre les différents modules de l’exposition. La partie purement architecturale est intéressante mais est un peu frustrante car un peu courte. Personnellement, j’aurais préféré que le sujet soit traité par la cité de l’architecture  (en plus par son emplacement, il y avait une excuse toute trouvée).

 

Photos interdites 😦

Tarif : 9 euros (c’est moi ou les tarifs ont été revus à la hausse depuis l’année dernière ??)

Durée : 1 h 30

Site officiel : http://www.carnavalet.paris.fr/fr/expositions/napoleon-et-paris

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