Sonia Delaunay fait des ronds, des petits ronds, TOUJOURS des petits ronds…

Deuxième tentative au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, et après celle sur Basquiat, il y a des chances que je remplace « deuxième » par « seconde ».

Alors pour ne pas trop médire, je vais faire synthétique. Globalement, on peut, tel Pifou, découper l’activité artistique de Sonia Delaunay en 2 périodes :

– « pas rond »

– « rond »

Sur la première période, on sent fortement l’influence de Gauguin,soit assez naïf, et une débauche de couleurs, matiné de style iconiques russes.

Bord de l’eau, Finlande 1906

paysage-finlandais

Beaucoup de portraits et autoportraits qui montrent un style de dessins classique mais assuré.

Dès 1912 (la miss a alors 27 ans) c’est le début de l’abstraction et du simultanéisme. Alors là, le musée fait fort puisqu’à AUCUN MOMENT, ce dernier terme ne sera expliqué, chapeau. Le terme découle évidemment de la loi de contraste simultané des couleurs énoncée par Chevreul et déjà fortement utilisée chez les impressionniste : pour résumer, deux couleurs différentes semblent toujours plus contrastées lorsqu’elles sont proches.

On entre alors dans la période « rond » et des ronds vous allez en voir de toutes les couleurs et sur tous les supports. On ne peut lui enlever ça, elle a utilisé plusieurs supports : huiles, gouaches, crayons et tissus.

Vous allez donc voir des études de couleurs édifiantes, sans aucune explication, c’est à dire des hachures aux crayons, digne de celles de votre neveu. Franchement quel intérêt ?

Le bal Bullier

bal bullier

D’un point de vue biographique, les époux Delaunay se font très discrets pendant la première guerre (ie ils se planquent dans la péninsule ibérique) et reviennent à Paris après le conflit dans un duplex Boulevard Malsherbes (alors là pour le coup c’est à peine si l’expo ne nous montre pas pas la Loi Carrez et le diagnostic Termites) qui leur sert de lieu de vie mais aussi d’atelier de coutures, car Mme Delaunay est à fond dans la mode.

Elle fera aussi des publicités pour Pernot, des tubes Néon, et des compositions pour le palais de l’Air pour l’expo universelle de 1937.

hélice

Après cela, (sans doute pendant la Seconde Guerre mondiale, qu’il passe cette fois sur la côte d’Azur), son style change radicalement, du tout au tout, de fond en comble : maintenant elle ajoute aussi des ronds noirs. Concomitamment, les couleurs sont un peu plus fades, de là à dire qu’on perd tout intérêt pour ses œuvres…

 

cercles noirs

Dans les années 60, elle réinterprétère ses anciens motifs (des ronds) et en crée des nouveaux (des carrés).

Bizarrement rien sur Robert (son mari quand même) et sur des influences réciproques (sans doute un complot des petits gris qui aiment pas la peinture colorée).

Ma conclusion, si vous passez au Musée d’Art Moderne, ne faites que passez et poursuivez 200 m plus loin, il y a le Musée Guimet qui vous fera vraiment découvrir des choses. L’exposition elle-même n’apporte rien aux œuvres, se contentant de les aligner, dans une (longue) sinusoïde d’abstractions. Après, je ne dis pas que c’est laid, mais il n’y a franchement pas de quoi s’émerveiller, à aucun moment on ne dépasse le stade du décoratif style « cabinet de médecin spécialisé ».

Jusqu’au 22 février

Durée : pff honnêtement, je dirais 1 h 30 mais ça parait plus.

Tarif : 11 euros

Site officiel :  http://www.mam.paris.fr/fr/expositions/exposition-sonia-delaunay

 

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