A l’ombre du colosse : Rhodes au Louvre

Dixit, l’incipit « la première exposition au monde exclusivement consacrée à Rhodes ». Carrément.

Alors on va commencer par une carte parce que Rhodes qui montre que cette île qu’on attribue au monde grec est à moins de 20 km des côtes turques.Capture0

On saisit tout de suite que par sa géographie, l’île est entre la Grèce et le levant, ce qui va conduire à une production artisanale et artistique orientalisante et donc assez originale pour nous autres béotiens. D’ailleurs les premiers fouilleurs ont assimilé leur trouvaille à des productions phéniciennes et non grecques.

On commence par une relation des fouilles entreprises par différentes missions (françaises mais pas que). J’avoue ne pas être très fan de cela ni de l’histoire des collections mais, après tout, pourquoi pas. J’aurais préféré une frise chronologique et un petit contexte historique sur le peuplement de l’île. En tout cas, cela permet d’admirer de magnifiques journaux de fouilles, en très grand format illustré de main de maître.img019

Acropole de Lindos, sur la façade est de l’île, devient un des points les plus étudiés. En 1912, les italiens conquièrent l’île au détriment des ottomans, et 25 ans plus tard, ils restaurent l’acropole à la mode fasciste.

La céramique va être, forcément, très présente dans les quelques salles. Plats, coupes, aryballes se succèdent, ayant plus ou moins bien supportés le passage des ans.

Plat d’Euphorbe vers 600 AVJC

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Rhyton conique au motif de poulpe sympa 1380-1300 AVJC

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L’île est un carrefour commercial et génère des échanges avec l’Italie, la Perse, l’Egypte, la Phrygie, l’Ourartou (Arménie), Chypre, etc…

La maitresse des animaux (2nd moitié du VII) reprend ainsi une iconographie mésopotamienne.

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Coquillages à motifs gravés 650-575 AVJC, représentant probablement un super héros capé à long nez.

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Les rhodiens faisaient montre d’une grande maîtrise technique que ce soit dans l’orfèvrerie avec recours à la granulation, la verrerie (opaque), lentilles en cristal de roche.

Capture4On retrouve aussi des objets plus égyptiens, importés ou produits sur place.

Faisant écho, à l’exposition du musée de la marine, on termine la visite par une Grande amphore à relief 6ème siècle. Pas question de le remplir de vin, les plus grands de ces récipients étaient utilisés pour l’inhumation des enfants et ados.

Voilà c’est court, c’est original mais cela manque un peu d’ambitions. On a plus le sentiment que l’exposition a été organisée pour soutenir la parution de l’énorme catalogue que l’inverse. Un manque qui se ressent aussi dans la présentation, un peu trop pointue, et qui semble surtout destinée à des connaisseurs. On aurait aimé une frise chronologique (pour une fois il y a des cartes alors je ne vais pas me plaindre) et quelques éléments plus généraux de contexte.

 

Photos : interdites comme d’habitude.

Tarif : 12 euros (compris dans le billet des collections permanentes)

Durée : 30 minutes

Site officiel : http://www.louvre.fr/expositions/rhodesa-greek-island-and-gateway-east

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