Japon 2014, épilogue

Et de trois voyages du côté du soleil levant. Un dernier article pour clôturer, en forme de bilan de cette cuvée.

1-Le monde

Souvent, quand on me demande quand il faut visiter le Japon j’ai tendance à demander quelle calamité la personne craint le plus ? Les typhons, les fortes chaleurs, le froid, les touristes ? Car il est bien malaisé de trouver la fenêtre de tir pour visiter dans des conditions parfaites cette contrée ! Oui oui j’exagère mais quand même. Cette fois, côté météo, à l’exception d’une journée particulièrement arrosée (et pas que dans nos verres), le résultat est plutôt bon. Alors oui, le photopériodisme est peu engageant mais, en se levant en même temps que le soleil, on parvient à avoir des journées suffisamment longues.

DSCF7132

Finalement, décaler de 2 semaines vers novembre (genre du 3 au 20), voire 3 semaines aurait encore réduit la durée du jour mais aurait peut-être pu rendre les feuillages d’automne plus riches en dessous des 1000m (ou alors il aurait fallu aller plus au nord).

L’inconvénient, forcément, c’est que vous n’êtes pas le seul à trouver que cette période est un bon compromis. A priori, c’est un peu le moment de l’année choisi par tous les retraités locaux pour leurs excursions…Si on ajoute les touristes chinois et occidentaux (avec quelques français pour cause de vacances scolaires), ça, comme vous avez du vous en rendre compte dans mes billets précédents, casse un peu l’ambiance des sanctuaires. N’allez pas croire que c’est invivable non plus, c’est juste un peu lourd.

2- Le trajet

Sur Tokyo et Kyoto, j’ai finalement refait pas mal de choses déjà vues lors de mon premier séjour. Ne me faîtes pas dire que c’est lassant et il serait bien prétentieux de croire que 2 visites dans des lieux tels que Nara ou Kyoto suffisent à en faire le tour, sans parler de la multitude des aspects de la capitale, difficile à appréhender en quelques jours. En tout cas, je commence à bien connaître (certains quartiers de) Tokyo mais j’y retournerais  – notamment pour le Musée de la Photo- avec plaisir tant cette ville me plaît par son côté démesuré sans être inhumain.

Notre petite excursion dans la péninsule de Kii m’a vraiment beaucoup plu ! Bien sûr, la voiture a rendu les choses un peu galères – au niveau paperasse pas au niveau de la conduite – mais si on veut sortir des sentiers battus… La péninsule peut être découverte en train et bus, ce qui doit être assez immersif mais impose un rythme qu’on n’aura pas forcément envie de suivre pendant des vacances. En revanche, si vous avez plein de temps, le trajet doit valoir l’effort. Je ne le conseillerai peut-être pas pour un premier voyage au Japon, mais pour approfondir votre connaissance du l’archipel.

DSCF8661

Ah sinon j’ai dit que j’avais tout organisé comme un pro ? J’aurais peut-être dû faire tour-operator (mais pas guide de randonnées d’après ce qu’on me souffle).

Allez si je devais faire une liste de ce qui m’a le plus réjoui les pupilles (pour les papilles c’est le tonkatsu) :

  • Koya-San rutilant sous le soleil d’automne,
  • Fushimi Inari à Kyoto, pour l’ambiance distillée le long des allées de toris, la belle lumière de fin d’après-midi,
  • la recherche d’Amida-Ji à Nachi pour son côté « médiéval-fantastique dans la brume »
  • Le complexe du Daitoku-ji à Kyoto, avec sa multitude de temples, les jeux de lumière sur la mousse, le calme,
  • Shibuya, encore et toujours, pour les looks, le son et lumière permanent, le côté fourmilière policée.

3- La langue

Double 1, échec critique.

Surmotivé à l’origine, j’avais opté pour une approche où je m’obligeais à débuter tout échange linguistique en japonais en switchant en anglais au cas où. Je déconseille. Un exemple, après les salutations d’usage, je sors (de manière plus ou moins fluide) une belle phrase dans l’idiome local. Mon interlocuteur me répond sur le même mode de manière, lui, tout à fait fluide. Forcément mon niveau ne me permet pas la plus petite compréhension de son discours, je réponds par un « Sumisen, wakarimasen », il retente, les mots coulent dans mes trompes à cire pour rejoindre le néant abyssal de mes dons linguistiques. Et sinon, vous parlez pas anglais ? Non. Ah. Ben avec les mains alors.

DSCF8534

Voilà, au bout de 10 jours, j’ai commencé directement en anglais, malgré mes réticences, car je trouve que la moindre des choses est de débuter une conversation dans la langue de son interlocuteur. Rassurez-vous, ça ne marche pas mieux. J’ai même trouvé qu’il y avait moins d’anglophones (mêmes légers) que lors de mon premier séjour. A quelques exceptions (un hôtel, l’aéroport d’Haneda), le niveau moyen ès langue d’Albion est sans doute plus faible qu’en France. Ouch.

4-Les Japonais

Il est peu de pays dans le monde – ok j’en ai pas fait tant que ça mais faut bien que trouve une accroche pour mon paragraphe – où j’ai plaisir à regarder les gens dans la rue, le métro, les magasins. Bien sûr, Tokyo n’est pas forcément représentative du Japon mais tout le monde, vraiment tout le monde, est bien sapé, dans les styles qui vont du plus classique (les hommes de plus de 25 ans) au plus extravagant (pas tant de monde que ça finalement) en passant par toute une gamme qui assure le spectacle sans faute de goût. Comme en plus, le gabarit moyen est égal au gabarit maximal (ie tout le monde est svelte, à tel point qu’il n’y a qu’une taille dans tous les magasins), rien ne vient troubler le regard des tenues assemblées avec finesse, des accessoires souvent luxueux mais bien choisis, et des gadgets kawaii qui contribuent à casser les panoplies trop strictes ou au contraire à renforcer celles qui étaient déjà de l’autre côté de la barrière du « barré ».

Et, à Tokyo, Kyoto et même dans les plus petites bourgades, je fus régulièrement surpris de la présence de japonaises en tenues traditionnelles. Il y avait bien quelques intrus chinois ou occidentaux en habits de location, mais je ne m’attendais pas à une telle abondance. De là à dire qu’il y a un revival, je ne m’avancerais pas car je ne suis pas en mesure de juger de l’évolution récente.

DSCF7188

A part ça, ils sont toujours aussi serviables, polis, efficaces et (un peu trop) rigoureux. Au Japon, je n’ai pas peur de demander par crainte de déranger la personne mais par inquiétude que mon interlocuteur en fasse trop pour répondre à ma demande…

C’est un peu comme les achats dans les depato avec 3 personnes qui vont vous encadrer pour l’emballage (« et le ruban, vous le voulez quelle couleur ? » « Combien de couches de papier bulles ? » « je vous mets 12 sacs avec pour qu’il y en ait au moins un de pas abîmé pour offrir ? »), le detax (avec traversée du magasin, escorté par un vendeur qui fraie votre passage sous les salutations des autres employés), le paiement, l’attente du paquet. La deuxième fois, on se dit « oh la la, je veux juste une paire de baguettes à 10 euros, ça va déclencher le branle-bas de combat ! ».

5- Le retouuuuuurrrrrrr

Et le retour alors ? Habituellement une partie de moi se réjouit quand même de revenir en France, mais cette fois, rien, nada, nichts.

Rien ne m’a manqué (même pas le fromage).

 

DSCF8393Le plus dur est de quitter des gens bien éduqués, polis, serviables (et bien habillés) et de se replonger dans la violence des intersubjectivités parisiennes (oui oui je ne suis pas non plus des plus gâtés par des déplacements quotidiens).

Certes, je sais que tout n’est pas rose, et que mon caractère ne s’accommoderait que modérément du monde du travail japonais.

6-Les Photos

2100 photos, en moyenne satisfaisante mais si pour le moment (car il faut les laisser reposer un peu), rien ne m’a véritablement arraché les mirettes. Pas d’excuse, la météo était plutôt propice.

Bilan mitigé avec mon Fuji X-E1. Au rayon satisfaction, poids et encombrement sont vraiment limités et au bout de presque 3 semaines, on n’a pas l’impression de porter sa maison en bandoulière. Il est déjà tombé 2 fois, sans casse apparente, même si le levier de sélection du mode de MAP est un peu récalcitrant. Le rendu en basse lumière est correct mais, ce n’est pas tout de monter à 4000 ISO, il faut assurer la stabilité à 1/10ème. Et puis, Fuji me semblent un peu gentillet sur les ISOs, je me suis retrouvé plus d’une fois à midi à 800 ISO…

DSCF7531

Le 18-55 est bien mais un peu long, le 16-55 qui arrive pourrait être une bonne alternative, sinon le 10-24 (très onéreux) mais il faut compléter avec une optique plus longue.

Le viseur électronique n’est pas confortable mais reste opérationnel, ce n’est pas une calamité. En revanche, la réactivité est limite, on déclenche un peu au pif une fois le cadrage effectué et l’appareil ne rend pas la main immédiatement.

Le gros point noir, une autonomie navrante, qu’on peut pousser en éteignant dès que possible l’appareil, en n’affichant pas les prises de vues après déclenchement, etc… Mais bon, 200 photos grand max.

Ensuite sur le plan purement subjectif l’ergonomie est quand même pas tip-top, le réglage de vitesse est un peu mal placée, la prise en main (sans poignée) n’est pas idéale.  Pour résumer, le gros défaut est que ce n’est pas un réflex ! Ah, c’était marqué dessus ?

Well, till next time, ta-ta!

DSCF8953

(Cherchez pas le rapport entre les photos et les sujets abordés, il y en a pas.)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s