J11 :Le jour des chasseurs d’érables

Laissant derrière nous le fameux sable blanc (et louche) de Shirahama, nous nous enfonçons parmi les montagnes verdoyantes au début et de plus en plus rougeoyantes avec l’altitude. Aujourd’hui ce n’est pas compliqué, nos sommes bénis des kamis qui nous gratifient d’un ciel bleu qui, nous ne le savons pas encore, va enchanter notre visite de la rutilante bourgade Koya-san.

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Cela tourne beaucoup, nous passons quelques cols (le plus haut devant être à 1300 m),  rencontrons un nombre toujours aussi élevé de travaux routiers avant de parvenir à notre but.

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Koya-san c’est 52 temples, qui font aussi hébergement, une grosse dizaine de temples qui ne logent personne, des pagodes et un immense cimetière.
Après avoir abandonné la voiture à notre temple (bon en fait j’étais persuadé que c’était un ryokan, me suis trompé), nous choisissons de nous diriger vers cette nécropole, nommée Okunoin.

L’entrée de NOTRE temple, la classe quand même :

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Nous traversons pour cela le complexe Danjo Garan avec tout plein de bâtiments et, en cette journée d’automne où le soleil quoique bas, embrase les feuillages,  de chasseurs d’érables. Examinons un peu ce chasseur d’érables, et ses principales caractéristiques.

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Déjà, il est japonais.
Deuxièmement, sa proie étant relativement lente, il peut se permettre de trimballer un lourd trépied, un énorme reflex pro voire un moyen format, voire le tout en double.
Troisièmement, il est patient.DSCF8639

 

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Car si sa cible ne bouge pas, la traque est tout de même haletante, et peut s’achever le bec dans l’eau. Il cherche l’angle, la lumière qui fera idéalement
ressortir les feuilles d’érable, déclinant l’ensemble de la gamme chromatique du vert au rouge, l’azur du ciel et les temples. Les érables, c’est la contrepartie « fin de siècle » des cerisiers en fleurs, l’achèvement du cycle avant la trêve hivernale et si cela reste un peu moins médiatique, la passion japonaise pour la beauté impermanente s’y immerge jusqu’à plus soif.
J’ai l’air de me moquer, mais ces esthètes me sont bien sympathiques et ils ne sont pas gênants pour un sou quand on veut soit aussi faire une petite photo et qu’on entre dans le champ de la camera obscura positionnée avec un soin maniaque depuis des heures.

On devine la présence de trépieds, parfois plus nombreux que les photographes :

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Les abandonnant à leur quête, nous continuons donc vers le cimetière. Imaginez une sorte de Père-Lachaise, tout en longueur, avec beaucoup beaucoup plus de mousses et énormément plus de pins et de cèdres.

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Ces derniers étant parfois centenaires voire pluri-centenaires. C’est assez enchanteur.

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Le chemin fait 4 km aller/retour, jusqu’au saint des saints, le Kobodaishi Gobyo (photos interdites) qui est le mausolée du moine à l’origine de ce qui est devenu Koya-san.

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Comme il commence à cailler (11°c environ avec un petit vent) et à faire faim, nous nous arrêtons à un estaminet qui propose le menu végétarien local avec thé vert (bon perso j’ai pris un katsudon et une bière…).

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Nous revenons ensuite plein ouest, en zigzagant, de spots en spots, avec notamment les mausolées des Tokugawas, et le daimon, porte d’entrée du Koya-san.

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DSCF8706Même les jardins d’enfant sont équipés en toris et sanctuaires :

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Nous faisons le check-in dans le temple, le moine nous offre le thé, on lui offre 12000 Yen (oui pas que pour le thé) et nous décrit les règles : fermeture de la porte à 9:00, cérémonie à 6h30 du matin. Sans oublier, température intérieure 11°C, et oui le papier c’est assez moyennement isolant.

le X-crossing de Koya-San, forcément un peu moins impressionnant que celui de Shibuya :

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Je repars seul vers le cimetière pour profiter de l’ambiance nocturne. Las, les locaux ont encore fait des leurs avec l’éclairage. Alors oui, si j’ai un truc à reprocher aux japonais, c’est qu’ils ont des éclairages pourris.
Le néon blanc, froid, semble être ici le top du top, de toute façon, il n’y a que ça. Du coup, les chemins du cimetière joliment soulignés par les lanternes de pierre, sont défigurés par des lampadaires qu’on croyait réservés aux villes du tiers-monde.

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Dommage d’autant que la lune est quasi pleine et que sa lumière traverse çà et là les frondaisons. Je fais quand même le tour, il n’y a pas grand monde si ce n’est de gros oiseaux aux ventres blancs qui font des bruits bizarres.

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Je rentre au temple, salle de bain commune, le bain est assez chaud mais l’air est vraiment trop humide, cela devient vite suffoquant. Nous dînons (presque) sans alcool dans le temple (hum hum, devait pas être autorisé, heureusement on s’est pas fait chopper par le père supérieur) avant de nous endormir à la belle étoile, euh pardon, sur les tatamis mais on a l’impression d’être dehors.

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