J9 : on ne dit pas « la marche en montagne » mais « des montagnes de marche »

Après la pluie d’hier, la journée s’ouvre sur le soleil. Il nous quittera bien vite, mais globalement les quelques épisodes de crachin ne parviendront pas à nous gâcher le plaisir.

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Nous déjeunons à l’hôtel qui s’est rempli d’un coup, bien aidé en cela par un mariage et un car de retraités. Objectif de la journée, Nachisan, ses temples, sa chute d’eau (la plus haute du Japon, mais c’est bizarre je croyais avoir déjà vu la plus haute à Hokkaido). Enfin, on ne va pas ergoter pour quelques mètres, nous suivons la route côtière, passons un petit instant sur la plage de la baie de Nachi pour toucher le Pacifique, avant de remonter la vallée vers le Daimon-zaka.

Il y a déjà du monde, le parking est plein mais nous trouvons une place et en avant. Le Daimon-zaka, c’est un joli chemin, essentiellement constitué de marches moussues, à travers la forêt. L’ambiance, malgré les touristes, est assez extraordinaire, et donne à ressentir les foules de marcheurs qui ont parcouru le même sentier depuis des siècles. Certains louent des costumes pour faire ce petit bout de route, et nous croisons même un pèlerin en costume de yamabushi qui semble surgir d’un lointain passé.

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Parvenu tout au sommet, surprise, un temple ! Comme c’est inattendu ! Je vous passe les explications qui globalement disent que cet endroit est très sacré et tout (vu que le bouddhisme, je m’y perds complètement). L’esplanade du sanctuaire permet d’avoir un joli point de vue sur la cascade de Nachi avec en avant-plan, une pagode à 3 étages.

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Comme on n’est pas des poules mouillées, on continue de monter dans la forêt, histoire de sortir un peu des sentiers battus. Nous croisons un anglais, Stewart, qui cherche le sentier du sanctuaire d’Amida,tout au sommet et à un peu plus de 3 kilomètres du temple de Nachi. Vous me direz, suffit de suivre la carte, sauf que le sentier prévu a été détruit pour bétonner la montagne (Stewart nous explique qu’il s’agit d’une sombre histoire de mafia qui semble très similaire à nos méthodes françaises de financement de partie politique) et que les ouvriers qui manœuvrent les pelleteuses là-haut (un dimanche), sont incapables de nous renseigner. Nous n’avions pas prévu d’y aller, mais il achève de nous convaincre (en tout cas de me convaincre) en nous expliquant un peu l’importance de ce sanctuaire qui trône à l’intersection de 2 mandalas (bon c’est ésotérique, je ne suis pas spécialiste). Nous trouvons un début de chemin alternatif, mais Stewart, nous abandonne, l’état du sentier étant euh… mauvais, pour ne pas dire inexistant, vu qu’il n’y a bien vite plus de sentier.

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La carte théorique de la ballade, sachant que tout le chemin encadré en rouge, n’existe pas (et est indiqué avec des gros panneaux rouges, interdits, hum, cela veut peut-être dire quelque chose…)DSCF8358

 

Nous parvenons quand même à retrouver la piste après la zone détruite et une petite demi-heure plus tard au sein d’une brume qui peu à peu a empli la forêt (et rendu pas mal d’escaliers glissants), nous sentons de l’encens. Signe infaillible que quelqu’un en a mis à bruler. Et qu’il y a un temple.

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En effet, c’est assez paumé, mais il a quelques visiteurs (qui trichent, ils sont venus en voiture), quelques photos plus tard, on repart par un autre sentier, avec escalier bien sûr, tout aussi glissant et brumeux qui fait passer par le sommet à 750 m. Vue inoubliable sur du blanc et du blanc, alors qu’un panneau cherche à nous expliquer qu’on devrait voir le Fuji-san situé à plus de 300 km de là. Oui oui, bien sûr.

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et donc la vue : DSCF8383

Finalement, nous débouchons à notre point de départ, 50 m derrière la pelleteuse, le début du chemin étant masqué par des gravats. Le Japon c’est bien, mais la fédération de randonnée a des progrès à faire. Bizarrement, nous ne croisons aucun randonneur, car étant donnée la notoriété de la zone et de ses chemins de pèlerinage, je m’attendais à croiser des gens suréquipés façon réclame pour le « Vieux campeur ». Dès qu’on s’écarte des zones touristiques, il n’y a personne, malgré le week-end de 3 jours. En tout cas, je ne vous conseille pas forcément la ballade, vu que cela est interdit et pas toujours pratiquable mais ça valait le coup.

La sortie du chemin, on fait mieux balisé :

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Nous redescendons à Nachi pour voir la cascade avant de reprendre le Daimon-zaka jusqu’au point de départ. En route, nous achetons des mikan (mandarines sans pépins), spécialités de la région. Retour à Shingu avec quelques étapes à Katsura et Ugui. La côte est magnifique avec ses îles pentues submergées de végétation, qui rappellent Matsushima plus au nord, malheureusement elle est défigurée par du bétonnage hôtelier.

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DSCF8424Des onsens, version bains de pied, directement à côté de la route, ils savent vivre, il n’y pas à redire :

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Après avoir posé la voiture à l’hôtel, nous décidons de visiter le deuxième grand temple de Shingu : Kamikura. Jolie surprise après encore un bel escalier bien raidasse, avec une vue sur la ville. Descente par le même itinéraire, toujours bien glissant, avec un papy qui doit bien avoir ses 75 ans qui ouvrent la voie lentement et vaillamment.

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