Emile Bernard à l’Orangerie

L’Orangerie expose pour la première fois en France (enfin c’est elle qui le dit, je n’ai pas vérifié), Emile Bernard !! Oui Emile Bernard !!! Vous ne connaissez pas Emile Bernard ?

Vous n’êtes pas le seul.

Emile Bernard (1868-1941) n’est pas breton, contrairement à ce qu’on pourrait croire par la première partie de sa production mais Lillois. En plus d’être ch’ti, Emile se cherche. Il donne d’ailleurs l’impression de se chercher toute sa vie. Car du début à la fin de l’exposition, vous allez voir du Gauguin, du Cézanne, du Van Gogh, du Tintoret, du Delacroix, du Michel-Ange.. mais en fait non, ce sera toujours du Bernard.

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Commençant par la vague impressioniste de cette fin du XIX, il passe au cloisonnisme qui cherche un rendu similaire à l’estampe japonaise avec des aplats de couleurs séparés par d’épais traits noirs à la manière d’un vitrail. A Pont-Aven, il se fait faucher des idées par Gauguin et demeure largement incompris par la critique. Du coup, il boude. Et quand il boude, il va voir ailleurs, plus précisément dans une tour de la méditerranée dans le sens des aiguilles d’une montre, voyage pendant lequel il se fixe un peu plus longtemps au Caire. Il rentre par l’Italie où il a l’illumination d’un retour à la Renaissance.

En 1904, il découvre Cézanne, qui lui conseille de traiter la nature par le cylindre, la sphère et le cône.

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Sa fin de carrière est marquée à par un retour final à la tradition comme tentative de sauver, seul, l’Art face à la décadence perçue.

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Des tableaux naïfs du début, à l’académisme final, il y a donc un monde. Beaucoup des oeuvres sont des (auto-)portraits, ou des scènes empreintes d’un certain mysticisme. J’avoue qu’à quelques exceptions prêts, tout cela m’a laissé de marbre.

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L’exposition manque d’explications, se contentant d’aligner des citations de l’artiste sans les mettre en perspective. Par exemple, dans la section « face aux maîtres », on aurait aimé, à côté de chaque œuvre, une reproduction de la ou les sources d’inspiration, parce qu’à moins d’être spécialiste, les filiations ne sont pas aisées à établir. Déception et donc pas une découverte majeure de mon point de vue.

Sur le quai d’en face, vous apercevrez peut-être une exposition photo, organisée probablement par le sinistère de l’environnement ou une autre engeance de cet acabit. J’ai essayé et dès les 2 premières photos ça sentait le sapin : l’incinérateur à côté du boulot avec grues et vagues terrains,  et le bistro où ils nous arrivaient de boire une bière à la Défense. Youpi le dépaysement, mais après… c’est pire. Gardez vos distances sauf si vous devez absolument faire fonctionner vos glandes lacrymales. Ou si vous aimez les photos iPhone agrandies en A0, ou les HDR grossières parsemées de contours aux liserets bleus et rouges, ou … bref vous avez dû comprendre le message.

Jusqu’au 5 janvier.

Site officiel : http://www.musee-orangerie.fr/pages/page_id20004_u1l2.htm

tarif : 9 euros

Durée : 45 minutes

 

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