L’envol du dragon, le Vietnam au musée Guimet

Les dragons ça vous connaît ? Rouge, du chaos, mordoré niv 32, immunisé aux attaques non-magiques et tout le toutim ?

Vous maîtrisez l’histoire du Vietnam, d’ailleurs vous avez vu 4 fois Rambo 2 ?

Alors c’est pas gagné.

Pour la célébration de l’année France-Vietnam (c’est 2014, si vous l’ignoriez), Guimet choisit une thématique dragonique (bizarrement en phase avec l’actualité cinématographique, mais bon on peut pas leur en vouloir d’essayer d’attirer du monde) et fait (re)-découvrir ses collections et découvrir tout court des merveilles issues de collections privées, royales, ou nationales du Vietnam.

On suit un parcours qui a le bon goût d’être chronologique, avec des périodes clairement expliquées et mises en valeur. A l’âge du bronze (V-IIIème AVJC), quelques traces de crocodiles (qu’on appelle alors proto-dragons mais faut vraiment chercher) sont présentes mais c’est avec les invasions Han du IIème siècle que les premiers vrais dragons vont apparaître avec l’assimilation de la symbolique chinoise dans la culture vietnamienne.

Le dragon est à la fois maître des eaux et créature des cieux, effrayant et protecteur avec parfois un rôle psychopompe. La deuxième salle de l’exposition est consacrée aux fouilles d’Olov Jance, Indianur Jonesson de son état, qui très pauvre et ne connaissant pas encore Ikea était réduit à ranger le résultat de ses travaux dans des caisses Nestlé. Cela dit il a quand même exhumé de jolis choses comme ces céramiques et ses modèles funéraires de fermes.

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Jusqu’en 939, le Vietnam subit, avec quelques soubresauts, le joug chinois, le Bouddhisme s’installe. Indépendant, Hanoi est fondée en 1010, elle se nomme alors Thang Long, « la ville du dragon qui s’élève ».

Décors architecturaux, en terre ou céramique, grès à décor de Lotus sont caractéristiques de la période.

 

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Les XV-XVI voient l’apogée de la céramique locale avec des grandes pièces destinées à l’exportation. Ce commerce international a permis de découvrir 250 000 pièces (dont plus de la moitié sont intactes) sur un site de naufrage.

Cette céramique est un peu la surprise de l’exposition. Des merveilles dans des tons beiges et des « bleu et blanc » – style dont je ne suis habituellement pas un admirateur – splendides associant un beige et un bleu très doux.

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Il y a aussi quelques céladons aussi mais qui n’ont pas la lumière des modèles chinois.

Le Bouddhisme connait alors une phase de Renaissance, associé à un essor économique qui va multiplier les commandes pieuses : encensoirs, chandeliers, brûles-parfums. Le dragon se décline alors à toutes les sauces – chien, tigre voire chien-tigre- et se retrouve sur maintes objets.

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Le dragon-crevette, redoutable.

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On poursuit la remontée dans le temps avec le XIXème siècle et le trésor royal des Nguyen. Alors là, on aime où on déteste. Les pièces sont d’une très grande finesse technique mais il faut aimer le clinquant, le surchargé, le stéréotypé, le rococo. Et cela ne concerne pas que les regalia. Si les sceaux en or ou jade et les décrets en or et transportés dans une cassette en argent peuvent se comprendre (après tout faut bien montrer qui est le chef), vous trouverez la même chose dans les objets du quotidien qui sont tous somptueux, le summum étant peut être un service à thé en jade et or.

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Le dragon apparaît alors sous une forme assez stéréotypée qui est « jouant avec la perle », perle qui représenterait, le soleil, la lune, un joyau le yin/yang, c’est comme on veut.

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L’exposition se termine sur des photos de Suzanne Held, d’après l’incipit de la salle, 10 parmi les 300 000 prises sur place. Bon, comment dire, c’est sûr que c’était les 10 meilleures ?

Très belle exposition, j’insiste sur les céramiques qui sont vraiment à découvrir. C’est, comme d’habitude, clair et pédagogique et même si on ne voit pas toujours bien le rapport avec les reptiles volants, on entrevoit la richesse du patrimoine de ce pays, souvent éclipsé par son grand voisin.

Ma note : étoileétoile

Jusqu’au 15 septembre 2014.

Tarif : 9.5 euros

Durée : 1 h

Site officiel : http://www.guimet.fr/fr/expositions/expositions-en-cours/lenvol-du-dragon-art-royal-du-vietnam

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