Masques, mascarades, mascarons, Louvre

Les masques, qui sont-ils, où vont-ils ? C’est leur secret ! L’occasion en tout cas d’en savoir un peu plus au Louvre pour une petite exposition (Aile Sully, 2ème étage).

Avant tout précisons que l’exposition est majoritairement (intégralement ?) constituée de pièces des collections du Louvre et que donc le panel spatio-temporel se limitera à l’Europe de l’Antiquité jusqu’au XIXème siècle. Pas de masques africains, asiatiques, pas de costumes vénitiens à attendre ici, mais une approche qui prend ses racines à la source des pampres chers à Dionysos. Le rôle religieux du masque, son importance dans le théâtre, son expressivité marquée et figée, diabolique ou satyrique vont être des leitmotiv de cette présentation.

L’étymologie nous rappelle fort à propos son caractère double et sa noirceur : masca désigne aussi sorcières, spectres et démons tandis que l’ibéro-romain maskava convoque tâches et suie.

On commence donc avec le Dionysos, le dieu-masque par excellence, souvent représenté comme un simple masque barbu, et dont l’empire s’étend, outre les banquets et les fêtes, aussi sur le théâtre.

Les acteurs grecs et leurs descendants de la Commedia dell’Arte, incarnent leurs masques et jouent de leurs corps pour interpréter ce que la fixité du visage ne peut représenter. De jolis projets de costumes chimériques par Jean Berain et “l’entourage de Primatice” illustrent cette thématique.

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Après Dionysos, la seule autre figure représentée de face dans la peinture sur céramique est la gorgone dont la tête décapitée va connaître un succès immense. Fusionnée avec l’égide d’Athéna, la créature maléfique va se retrouve sur bon nombre de d’architectures et de portes sous la forme d’un mascaron au rôle apotropaïque (c’est le mot de l’expo, retenez-le bien, il signifie une puissance protectrice, éloignant les mauvais esprits).

La fixité du regard de cette gorgone, rappel du sort qu’elle  promettait à ceux qui croisaient son regard (enfin vous avez joué à God of War non ?), contraste avec la vitalité que ses mascarons apportent aux architectures.

Marque de duplicité, il cache autant qu’il révèle comme ses masques d’infamie, il devient ensuite un attribut de dissimulation. De nombreuses allégories, associées au mensonge, à la trahison sont ainsi masquées.

Carlo Maratta, l’ignorance (aidée de l’avarice) attaquant la peinture dénonciation de l’inculture des commanditaires. Sur ce dessin, la peinture porte d’un masque neutre en médaillon et rappelle qu’au XVIIIème siècle, peinture et masque partageaient le même pouvoir illusioniste.

Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Tony Querrec

Wenceslaus Hollar L’Hiver  :

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Exposition intéressante, le thème est vaste et pourrait être traité dans une exposition majeure du Louvre. Pas mal de textes à lire lentement, car ils sont assez denses.

Comme d’habitude, pas de photos autorisées pour ne pas gêner le public. OK OK mais vu qu’on était quasiment seuls, je vois pas bien qui j’embêtais…

 

Site officiel : http://www.louvre.fr/expositions/masques-mascarades-mascarons

Tarif : 12 euros, prix du billet Louvre

Durée: 45 minutes

Crédits photographies : Musée du Louvre, dist. RMN – Grand Palais

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