La nuit au muséum

Le muséum se plonge dans le noir sous les auspices de Nyx et Morphée avec une exposition thématique sur la nuit, son origine, ceux qui vivent pendant les heures sombres et ceux qui dorment.

 

L’entrée en matière se fait par le contexte astronomique et la mythologie. Approche très bien illustrée sur le premier aspect, en particulier sur notre satellite, avec comme d’habitude pour cette institution, beaucoup d’interactivité. Soyons clairs,  si en sortant de la salle, vous n’avez rien compris aux phases de la lune, changez d’encéphale.

La nuit au MNHN

De la nuit, c’est aussi Séléné qui fascine le plus, son incorporation dans les mythologies étant une sorte d’invariant culturel. Les Chinois y voient un lière, les grecs parlent de Nyx, la première fille du Chaos, les gabonais en font un dieu bigame – une des 2 épouses ne maitrisant pas les arts culinaires, l’astre décroit, heureusement la seconde, maitresse ès gastronomie permet à la lune de redevenir pleine –, le satellite devient Jaguar chez les péruviens.

Un morceau de lune – bien protégé – ramené par Apollo 15

Un morceau de lune – bien protégé - ramené par Apollo 15

Les constellations imaginées par les différentes cultures font ensuite le lien avec l’astrologie.

Nous arrivons ensuite au gros morceau de l’exposition qui se compose d’une alternance de salles consacrées aux 6, et même plus, sens et de mises en scènes taxidermisées.  Tout cela fourmille d’anecdotes sur le mode “le saviez-vous ?” et en général on l’ignorait.

Ainsi côté vue, “bigger is better”, chez le tarsier chaque œil a le volume du cerveau (le n°1 sur la photo ci-dessous), tandis chez les rapaces l’œil s’allonge pour optimiser le volume. On apprend pourquoi il faudrait un anti-yeux-jaune (et non rouge) pour prendre en photos nos chats : le tapetum lucidum qui tapisse le fond de l’œil permet d’augmenter la quantité de lumières perçues en réfléchissant les rayons incidents mais induit une teinte jaune caractéristique.

La Nuit au MNHN

 

 

Le loup de Tasmanie, un des rares exemplaires empaillés encore conservés (espèce éteinte depuis 1936, ne pas confondre avec le diable qui est aussi menacé d’ailleurs).

 

La Nuit au MNHN

La Nuit au MNHN

Vous ne voyez rien ? Le chat voit ça, c’est un peu flou, le tapetum lucidum ne doit pas être étranger à ce manque de netteté
_MG_8834 _MG_8835

 

 

 

La Nuit au MNHN

De nuit, ouïe et odorat sont favorisés par l’humidité de l’air et l’atmosphère est plus calme. Sons et odeurs portent ainsi plus loin permettant de repérer l’être aimé et/ou la proie. On découvre ici que la souris chante à des fréquences inaudibles pour nous comme pour les chats (et ce n’est peut être pas plus mal), on apprend que la chouette dispose de conduits auditifs asymétriques (un vers le haut, l’autre vers le bas) pour maximiser les capacités de localisation.

_MG_8841

Papillons de nuit d’Asie/Océanie.

_MG_8843

Papillons de nuit d’Europe.

_MG_8844

Le sauterelles, la 1 est vraiment, vraiment très grosse.

_MG_8845

Les fleurs s’expriment aussi la nuit et les performances atteintes par de nombreuses bestiole laissent pantois (sentir une charogne à 4 km, repérer un nid à 100 m).

Le serpent qui tire la langue ne cherche pas à nous effrayer mais à nous sentir

_MG_8846

Les perceptions, thermiques, magnétiques ou électriques sont aussi abordées.

_MG_8849

Une illustration, hypothétique, de la perception du champs magnétique, comme un lueur superposée à la vision normale, par les oiseaux.

_MG_8851

La pollution lumineuse fait l’objet d’une petite sensibilisation mais les (nombreuses) classes ne semblent pas trop s’attarder sur le sujet.

La dernière partie de l’exposition traite de ceux qui ne s’agitent pas en tous sens, sitôt le soleil couché, et traite du sommeil et du rêve. Le sommeil se pratique différemment suivant les genres :ainsi chez les cétacés le demi-sommeil est à prendre au pied de la lettre puisqu’on dort un demi-cerveau à la fois, l’autre gérant les remontées à l’air libre pour respirer. Champion du sommeil rapide, l’okapi dort 5 minutes par jour…. en tranche de 30 secondes, à l’autre bout du spectre, les feignasses de félins sont plutôt vers 20 heures par jour.

_MG_8852

Arbre phylogénétique montrant la présence de sommeil lent et sommeil paradoxal chez certains genres uniquement (en blanc). Les mauves n’ont qu’un sommeil lent

_MG_8854

Exposition intéressante, un peu en-deçà des deux précédentes (araignée et dinosaure) avec beaucoup de taxidermies (il faut mieux le savoir), c’est certes bien mis en scène mais un mix avec des photos aurait sans doute permis de mieux maintenir l’intérêt en variant les approches.

Tarif 9 euros

Durée : 1 h 30 / 2 h

Site officiel : http://www.mnhn.fr/fr/visitez/agenda/expositions/nuit

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s