Vogue la Galliera

Du musée Galliera, j’avais le souvenir d’une sortie scolaire, des réminiscences d’un espace vieillot, poussiéreux, à l’intérêt assez peu évident quand on est en 4ème. Cette fois, c’était beaucoup plus glamour –non pas seulement parce que le musée a subi une cure de travaux – mais parce que le sujet l’exigeait, la mode vue à travers le prisme du magazine Vogue et des publications affiliées. Beaucoup de photos et quelques pièces issues des collections permanentes pour un parcours en dent de scie, alternant le meilleur et le pire.

 

 

Le meilleur autour de la dive bouteille avec Bert Stern et Irving Penn chez lesquels cohabitent élégante séduction et construction dyonisiaque à étages multiples, image d’une certaine idée de la libération féminine autour de la seconde guerre mondiale

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Bert Stern, Monique Chevalier et Walter Chiari

 

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Irving Penn, Jean Patchett

Le moins bien, avec du Diane Arbus (commentaire entendu, admirable de concision “Ah c’est toujours pas ça”) à la composition brouillone, ou des images plus récentes à l’esthétique bon (inter)marché aussi glacées que le papier qui les accueille.

 

Le beaucoup mieux avec André Durst et de subtiles mises en scène comme ses femmes qui, nouvelles Aphrodites, émergent d’une feuille de papier comme la déesse d’une coquille.

Le pire, enfin, car le monde de la mode est cruel (enfin j’imagine), et les commissaires le sont aussi, sinon comment justifier autrement le placement côte-à-côte des perfections formelles de William klein – que ce soit en N&B ou en color block avant la lettre- avec les machins  crus, vulgaires (on me souffle que ce serait fait exprès, je n’aspire qu’à le croire, ce serait bien la seule excuse) de Terry Richardson. Il est des comparaisons douloureuses qui semblent crier à la face du monde qu’il est sur une bien mauvaise pente.

 

Deux espaces sont consacrés à montrer les revues et, si le passage sous la rotative fait perdre beaucoup d’âme par rapport aux tirages, on ne peut tout de même qu’admirer le sens de la mise en page, la sobriété des couvertures à mille lieux des une-réclames-le mec-de-votre-été-n’est-pas-celui-que-vous –croyez-témoignage-un-ventre-plat-en-5-minutes-par-jour-en-se-baffrant-de-frites fouillies actuelles.

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L’histoire de Vogue, et des autres publications n’est pas trop abordée, mais il faut avouer que l’intérêt principal est plutôt de voir une évolution de l’image de la mode – de la femme – à travers le prisme un peu upper-class de ces magazines. Très intéressante d’un point de vue de l’exercice photographique, on ressort un brin désabusé, éprouvant un parfum de nostalgie, de “c’était mieux avant”.

 

Tarif : 8 euros

Durée : 1 h

Site officiel :http://palaisgalliera.paris.fr/fr/expositions/papier-glace

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