François André Vincent 1746-1816

 

Souvent confondu avec Fragonard, parfois considéré comme un David en moins (moins grandiose, moins héroïque), Vincent est, reconnaissons-le franchement très loin de démériter !
Dès la première salle, on est rassurés, calmés même : ces études de buste antiques montrent la virtuosité du dessinateur. On poursuit avec une très belle étude de chats, à chaque fois avec une technique modeste, une économie de moyens qui suggère plus qu’elle ne représente. Le trait est plutôt doux et carressant mais s’anime parfois comme pour mieux représenter les tourments de ce malade alité.

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La deuxième salle est consacrée à des oeuvres assez originales, puisqu’il s’agit de portrait-charges, caricatures sans méchanceté aucune, de ces co-pensionnaires au Palais Mancini à Rome. On y retrouve un dessin d’une grande modernité, précurseur de Daumier.

Portrait charge du peintre Jombert les bras ballants

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La troisième salle nous montre que le dessinateur est aussi un grand peintre à l’esthétique néoclassique qui ne livra pas moins de 15 tableaux pour son premier Salon en 1777.

Enlèvement d’Orythie :

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Le jeune Pyrrhus à la cour de Glaucias

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C’est aussi un peintre d’histoire qui travaille à la commande avec ici Henri IV et Sully Blessé

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Ou un peu plus contemporain, la bataille des Pyramides, ici une equisse (l’original ayant été inachevé et ayant disparu)

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Toujours dans la veine historique, on trouve aussi des études en costumes du XVIIème qui pourraient illustrer Dumas.

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Il enseigna le dessin à Polytechnique et réalisa pour l’émulation de ses jeunes élèves des prodiges comme cette série de tête féminine, veloutées, colorées, qui sont véritablement habitées malgré là encore, le peu de moyens mis en oeuvre (pierre noire, sanguine et craie)

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Même si des grands formats font aussi partie de son travail, toutes les pièces présentées sont des petites oeuvres. Cette taille réduite rend ce néoclassicisme finalement bien plus digeste pour nos yeux modernes qu’un monumental Fragonard ou un David !

L’exposition (toute petite et c’est un peu son défaut) donne à voir un artiste que la postérité a rendu discret, malgré tout son talent. A voir donc, pour approcher l’homme avant, en attendant, qui sait une grande exposition.

Durée : prévoir 30 minutes
Tarif 5 euros (gratuit avec la carte Paris Musées)

Le jeune Pyrrhus à la cour de Glaucias

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