Paris, à son zénith

 

Une exposition au bon goût de réminiscence d’un passé pas si lointain où la capitale et le pays rayonnaient sur le monde. Certes en 114 ans et quelques cela a un peu changé mais le visiteur aura bien du mal à ne pas voir dans “Paris 1900” au petit palais, un portrait en creux de notre dé-clinante, dé-primante actualité. Mais tout cela c’était avant 2 suicides européens. Une ville en une époque révolue vue à travers 6 salles, 6 thématiques et une profusion d’œuvres.

 

 

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L’exposition universelle 1900

Population française : 40 millions Vs Nombre de visiteurs : 51 millions.

OK, j’en ai vu un ou deux qui sont venus plusieurs fois. Mais quand même.

A l’époque on aimait, le grand-iose, le grand-iloquent, le grand-très-grand, bref, si l’on peut dire, la démesure. Paris abritant en son sein un parc de plus de 100 hectares (avec une annexe de la même taille côté bois de Vincennes), accueillant tout ce que les puissances de la planète ont alors à montrer et se parant de bâtiments dont certains n’ont pas vocation à durer pour la plus grande gloire de… de qui d’ailleurs ? Allez de l’Humanité pour être consensuel, de la patrie pour être plus idéaliste, de quelques privilégiés pour être tragique.

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Les projets monumentaux abondent, Petit et Grand Palais, nouvelles gares pour assurer le drainage des visiteurs jusqu’au cœur de la capitale et des projets un peu fous comme la volonté de transformer la Tour Eiffel en un trident pointé vers l’azur.

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La porte principale de l’exposition, vision improbable d’un radiolaire ayant trop visité le Taj-Mahal,

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Sous le pinceau de Camille Piton, l’esplanade des Invalides prend un faux air de place San-Marco

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Tout cela verse, parfois, dans le kistch comme ce char du “Retour des hirondelles” de Jean Crotat :

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On a peine à imaginer, de nos jours, la magnificence de ce genre d’expositions et la débauche de moyens pour ces constructions souvent temporaires. Cela dit, l’exposition donne aussi à voir le côté sombre comme cette superbe petite aquarelle de Frederic de Hanaen “les émigrants. Une salle d’attente à la gare Saint-Lazare”

 

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Une deuxième salle est consacrée à l’Art Nouveau qui est alors… florissant. Ce n’est pas forcément la plus réussie, les pièces étant assez inégales et souvent un peu too much.

Emile Gallé, vase les Arbres.

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Les Arts. Dans la continuité, cette salle donne à voir le foisonnement des styles qui a lieu à Paris à l’époque. Coexistent les derniers feux de la peinture d’Histoire académique, le symbolisme, l’impressionisme, la photographie…et Rodin.

 

Le dynamique marche de l’art attire les artistes de tout horizon, en quête d’une reconnaissance via les Salons.

D’ailleurs, l’accrochage un peu dense de la salle est-il un clin d’œil aux cimaises chargées des Salons, toujours est-il qu’il est parfois un peu difficile de voir les œuvres supérieures.

 

Un coup de cœur sur 2 tirages à la gomme bichromatée de Robert Demachy, membre du courant pictorialiste (c’est tout petit faut faire attention) :

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la source de Louis Convers :

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Impossible de faire l’impasse sur la fée Absinthe qui fait tourner les têtes, Albert Maignan, la muse verte

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On passe ensuite à la mode, à la Parisienne qui était déjà frivole et dépensière. Chez les plus aisés, la sortie biquotidienne au bois, le matin à cheval, l’après-midi dans de somptueux étalages est l’occasion de se montrer sous son meilleur jour, de faire assaut d’élégance.

 

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On apprend ce qu’est une midinette, on nous présente des robes sobres (ou beaucoup moins sobres pour américaines) ainsi que des “traditions” comme ces suiveurs qui prennent en filature les élégantes dans le fragile espoir de poursuivre l’aventure.

 

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Paris nyctalope, capitale des plaisirs. L’éclairage a rendu la nuit au public qui va se dévergonder dans les cabarets, ou pour les moins sages dans des lieux de plaisirs. La photographie prend une dimension érotico-pornographique et la maréchaussée fait même appel à des photographes pour documenter le milieu de la prostitution en faisant un inventaire des maisons closes et de leurs occupantes. Beaucoup d’affiches et réclames de ces institutions nocturnes sont bien évidemment présentées.

La drogue – morphine- est adoptée.

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C’est l’époque du Moulin Rouge et du Chat noir :

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Abel-Truchet, quadrille au bal Tabarin

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Les plus riches se font construire sur mesure des fauteuils de volupté (dont mon esprit pur et innocent ne me permet pas bien de visualiser l’usage, notamment l’étage inférieur..), comme ici celui du Prince de Galles dont la corpulence était bien connue.

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Les spectacles

Dernière salle, avec la naissance du 7ème art et la projection due film de Méliès “Voyage dans la Lune”. Là encore, il est fait la part belle aux affiches, programmes de spectacles.

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Jules Chéret, étude pour le rideaux du théâtre du Musée Grévin

 

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Albert Guillaume, les musiques savantes.

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Mise en scène pour un drame lyrique:

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Le spectacle est parfois là où on ne l’attend pas, aux balcons des appartements des classes supérieures : le lieu est alors l’occasion de se montrer plutôt que d’observer la rue.

 

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En conclusion, une exposition où chacun pourra trouver son compte, beaucoup d’aspects étant abordés. Je ne cache que l’intérêt est un peu en dent de scie, mais au moins on en a pour son argent car c’est dense. Notez que les photos sont possibles (manque de bol, je n’avais pas mon appareil).

 

Rien à voir avec le sujet mais c’est la première fois que je montais dans un RER qui sentait la voiture neuve. Vous savez cette odeur de plastique qu’on devine cancérigène mais qui nous titille quand même les endorphines parce que, après tout, c’est pas tous les jours qu’on s’achète une voiture. Et bien, là c’est pareil sauf que c’est dans un RER, le dernier endroit de la planète où l’on s’attend à trouver une odeur non répulsive.

 

Site officiel : http://www.petitpalais.paris.fr/fr/expositions/paris-1900-la-ville-spectacle-0

Tarif : 11 euros (mais gratuit avec la carte Paris Musées)

Durée : 1h30-2h

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