Kaiko, une impératrice qui a la fibre du ver

source : mcjpQuelques jours avant sa fermeture, visite de la maison de la culture du Japon pour une exposition sur la sériciculture impériale au Japon.

La première partie de l’exposition présente donc la sériciculture (et c’est une bonne idée, car personnellement j’étais assez sec sur le sujet).

Sachez déjà, bande de béotiens, qu’il y a plusieurs variétés de ver à soie et que les couleurs des cocons et les tailles diffèrent : il y a le gros blanc qui fait son malin par ce qu’il est hybride mais qui est soooo classique, le jaune qui reste de bon goût (et qui donne envie de manger des gnocchi), le vert pomme aristocratique (Madame Saturnie du chêne du Japon) et le petit blanc en forme de cacahuète, qui n’est pas productif pour un sou (1/3 du rendement des autres variétés) mais qui possède un beau nom musical, le koishimaru.

source : mcjp

Forcément ce dernier a vite été délaissé au profit des variétés plus performantes et a bien failli disparaître : mais l’impératrice, veille et impose à tout le monde de travailler quand même avec cette espèce (c’est l’avantage d’être de lignée divine, on peut demander n’importe quoi, les autres sont obligés d’accepter). Pour le coup, elle a le nez creux car le fil du Koishimaru est exactement celui qu’il faut pour restaurer les étoffes anciennes du Shôsô-in (non mais quelle coïncidence), qui entrepose des trésors nationaux.

source : wikimedia commons

L’élevage séricicole se poursuite donc dans l’enceinte du palais impérial : une vidéo décrit les différentes étapes de la culture, avec plein de séquences où ça grouille ! Dommage que le musique d’ambiance soit un peu lourde parce que c’est bien fichu et pour ceux qui ont raté leurs cours de SVT, le cycle de vie du ver à soie est décrit tout en image.

On peut aussi admirer la matière brute – les cocons- puis le fil une fois tissé dont l’un est d’un bronze lumineux incroyable : une beauté sobre qu’on a absolument envie de toucher (mais on peut pas). Les outils sont aussi présentés comme cette claie traditionnellement tressée à la paille de riz par l’impératrice elle-même (peut être de la comm’ mais si c’est vrai, chapeau !).

 source mcjp

La seconde partie de l’exposition se consacre aux réalisations modernes (robes de soirée en soieries, tenues officielles) ou plus anciennes (grandes étoffes)

image

On y apprend aussi les liens franco-japonais qui ont été bâtis autour de la sériciculture : les japonais nous dépannant de cocons immunisés contre une maladie qui exterminait notre cheptel dans les 1850, tandis que nos ingénieurs partaient au pays du soleil levant, quelques années plus tard, construire des filatures mécanisées. Les japonais assimilent rapidement la technique et reviennent présenter leurs œuvres aux expositions universelles à Paris, initiant ainsi  le courant japoniste.

Sasaki Seishichi source mcjp

On découvre aussi le fusego, pratique de parfumer les vêtements à l’encens. On utilise pour cela un très joli support en croisillons de bois au milieu duquel on place un encensoir. Le vêtement est ensuite placé sur le dessus pour capter la fumée.

source : http://networkedblogs.com/AiwJF

Conclusion, une exposition vraiment intéressante, qui prend le temps de présenter le contexte et dont on ressort en ayant appris des choses. Allez un regret, j’aurais bien aimé quelques infos en plus sur la sériciculture en dehors du cercle, somme toute restreint, de la maisonnée impériale.

Bon vivement la prochaine exposition. Quoi ? “Evangelion et les sabres japonais” ? Sérieusement, ils ont fait une exposition rien que pour moi ?

Tarif : 5 euros (et ça les vaut)

Durée : 45 minutes

Site officiel : http://www.mcjp.fr/francais/expositions/kaiko-la-sericiculture-imperiale-887/kaiko-la-sericiculture-imperiale

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