L’Angkor de Louis Marie Joseph Delaporte

_MG_7356 Attention au piège, ce n’est pas une exposition sur Angkor à laquelle nous convie le Musée Guimet mais sur l’œuvre d’un de ses spécialistes et le devenir de cette cité en tant que mythe dans la conscience collective. Cela dit, vous allez quand même beaucoup entendre parler d’Angkor (mais pas que, Koh Ker est aussi traité) et c’est heureux !

Monsieur Delaporte n’est pas un Indiana Jones taillant sa trace à la machette à travers la jungle et/ou les crocodiles, il est un peu plus contemplatif avec un sacré sens de l’observation, un don pour le dessin et sait s’entourer (photographes, dessinateurs, mouleurs). L’exposition montre donc croquis, élévations, plans, photos, estampages et bien sûr des moulages.

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Les moulages sont bien souvent la seule façon d’accéder encore à certains reliefs ou sculptures car l’érosion et les pillards ont mené leurs basses œuvres depuis (mais l’érosion c’est pas sa faute).

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Ils permettent de bien entrevoir la splendeur des monuments, surtout si on imagine qu’à l’époque ils étaient parés de rouges et d’ocres (cela dit j’ai cru comprendre qu’il y avait débat là dessus). Voici tout de même un essai de reconstitution :

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Les relevés sur le terrain sont ensuite complétés par des travaux en atelier en France : le but est de retrouver l’aspect du bâtiment en soustrayant chaos rocheux et végétation. Delaporte avait conscience que l’état des ruines d’Angkor n’allait pas tarder à nous les rendre incompréhensibles, il dit d’ailleurs du du Bayon : “[son] anéantissement […] va s’accomplir sous nos yeux, si ce n’est même sur nos têtes”.

La maquette du Bayon au rdc :

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Sieur Delaporte avait une vocation de pédagogue qui  l’a mené à créer le Musée Indochinois du Trocadéro où trônaient les résultats de ces travaux. Le plus majestueux est un fac-simile d’une tour à visage du Bayon dont une partie est à voir au rez-de-chaussée du musée.

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Ce musée a depuis disparu et plus récemment la cité de l’architecture au même endroit, donne elle aussi à voir des moulages, mais cette fois, ils sont géographiquement plus proches.

En un sens, on retrouve la démarche de Viollet-Le-Duc : le but n’est pas la reproduction fidèle mais une évocation – tout de même réaliste – qui permette la compréhension de l’art khmer.

Témoin cette oeuvre qui a été doté d’un cadre à “l’occidentale” pour éviter le côté brut des pourtours du moulage :

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Les moulages passeront de mode à partir des années 40, on préfère alors voir du vrai ! Ils seront coupés en morceaux et stockés plus ou moins bien jusqu’en 2012 : les mauvaises conditions de conservation sont maintenant du passé mais il y a du travail pour restaurer.

La preuve :

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Si les thèmes abordés dans les moulages sont bien expliqués, on regrettera que la pièce ne sont pas située dans l’édifice et que l’édifice lui-même ne soit pas localisé sur une carte. Je ne sais pas vous mais moi j’ai tendance à un peu mélanger les pinceaux avec les noms propres khmers.

Au delà de l’aspect documentaire, je suis assez fan des dessins réalisés qu’ils soient en N&B ou en aquarelles :

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Vue partielle de la terrasse aux éléphants :

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Petit aparté sur les danses khmères, qui sont abordés par des dessins – forcément géniaux- d’Auguste Rodin et des photos exposées au premier étage dans la bibliothèque, n’oubliez pas d’y faire un tour.

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L’autre grande découverte est la démesure des expositions universelles ou coloniales organisées en France jusque dans les années 30. Les bâtiments temporaires édifiés pour l’exposition versaient dans le monumentale, comme cette reconstitution, au bois de Vincennes, d’Angkor Vat avec 56 m de haut. La structure, ultra légère, tenait plus du décor de théâtre que d’un monument capable de jeter un défi aux siècles mais quand même. Bon, j’admets, la France montrait ainsi sa grandeur nationale et la main-mise sur les colonies avec tout ce que cela implique, mais il faut avouer que c’était quand même grandiose : d’ailleurs elle a drainé toute de même 30 millions de visiteurs.

La maquette de l’exposition coloniale de 1931, les joggers de l’est parisien reconnaitront d’eux-mêmes le lieu :

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En ce moment, Guimet réitère son exposition de 100 callligraphies japonaises contemporaines.

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Conclusion

Bon j’ai adoré mais ne vous attendez pas à tout apprendre d’Angkor ou de l’histoire du Cambodge, ce n’est qu’un aspect qui est traité, mais comme c’est merveilleusement fait, on en redemande.

Durée: prévoir 2 heures

Taif : 9.5 euros

Site officiel : http://www.guimet.fr/fr/expositions/expositions-en-cours/louis-delaporte-et-le-cambodge-la-naissance-dun-mythe

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