De l’Allemagne, au Louvre

Enfin ! Nous avons pris notre temps avant de nous décider à y aller mais c’est fait. Depuis le temps que l’on parlait de cette expo, que l’on nous avait très gentiment offert le catalogue, que j’avais potassé le-dit pavé (en prenant des notes !!), il était plus que temps de s’y rendre puisqu’elle ferme dans 2 semaines.

Alors conclusion ? Assez mitigée, je dois avouer. Commençons par le négatif : l’exposition avait fait le buzz lors de ses premières semaines car elle aurait incité à penser que le destin de l’Allemagne était tout tracé du début du XIXème jusqu’au cataclysme de la Seconde Guerre Mondiale, que les germes et prémices du national-socialisme étaient déjà dans la peinture du siècle précédent.

Comment dire ? Les gens qui ont perçu doivent être de fins connaisseurs car on ressent plus une aggrégation plus ou moins cohérente d’époques, de styles picturaux sans réel fil conducteur. Dans une salle consacrée au thème de la cathédrale, on retrouve 2 peintures de Klenze (Valhalla et vue idéale de l’Acropole d’Athènes ):

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Personnellement j’ai toutes les peines du monde à faire le rapprochement avec la thématique. Pas la moindre explication, alors en se triturant les boyaux de la tête, on se dit que ce sont aussi des temples et que l’édifice est, à chaque époque, vu comme une utopie qui permet de réunir la communauté des hommes, mais bon….

Un peu plus loin, la théorie de la couleur chez Goethe débarque aussi un peu comme un cheveu sur la soupe, sans plus d’explications (sauf si vous avez lu le catalogue ou pris l’audioguide mais c’est un peu limite quand même, vu le prix de l’entrée).

Maintenant que j’ai craché mon fiel, je vais passer au bon côté des choses : les oeuvres exposées sont belles et intéressantes (du coup on aurait aimé en savoir plus et bénéficier d’un contexte plus développé).

Après avoir salué, comme il se doit, monsieur Goethe dont le portrait garde l’entrée de l’exposition, on apprend qu’on va circuler de l’appollinien vers le dyonisiaque et on commence, sans échauffement, par les Nazaréens.

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Gottlieb Schick – Apollon parmi les bergers. Tapis dans l’ombre du bord droit, des satyres à flûte de pans, attendent leur heure !

Pas ma partie préférée, surtout le tout début dans un style très peinture religieuse de la renaissance. On bascule ensuite dans un aspect plus médiévale, limite médiéval-fantastique même avec ses chevaliers arthuriens dans de sombres forêts  :

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Carl Philipp Fohr, chevaliers devant une cabane de charbonnier.

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Moritz von Schwind, la Chevauchée de Falkenstein, 1843-44

On passe ensuite à traver la fameuse salle de la cathédrale, pour aboutir à ce qui est à mon sens, l’intérêt principal de cette exposition : la peinture de paysage avec Friedrich en vedette.

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Il y a parfois des personnages chez Friedrich, mais ils nous tournent le dos, pour nous indiquer la posture à adopter face à la nature : la contemplation

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La même montagne vue par Richter et Friedrich : ce dernier y représente les effets de l’atmosphère dans le lointain, gomme la présence humaine, limite encore la place du ciel et accentue ainsi le démesure du paysage et du chaos rocheux.

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Finalement, on éprouve un peu les mêmes sentiments que devant la peinture de paysage chinoise avec le même caractère minuscule et passagé de l’homme et le sublime de la montagne.

Enfin on aborde la période sombre de 14-18 et de l’entre-deux-guerres : abandonnez toute espérance, on navigue entre du Tardi (en plus trash) et des monuments aux morts empreints de réalisme soviétique…

Quelques extraits (Otto Dix, Käthe Kollwitz):

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Voilà, content de l’avoir faite pour me faire ma propre opinion, ravi d’avoir découvert des artistes que je ne connaissais qu’au travers de quelques oeuvres, mais une occasion manqué en terme de pédagogie. J’aurais préféré que l’exposition se focalise un peu plus sur la peinture de la nature, du paysage : à trop vouloir couvrir, il y a des trous béants qui se forment.

En pratique

site de l’exposition : http://www.louvre.fr/expositions/de-l-allemagne-1800-1939-de-friedrich-beckmann

Tarif : 12 euros (gloups), catalogue 45 euros

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