C’est les vacances !!!! … ah m**** non….

La différence entre l’âge adulte et l’école, c’est qu’on travaille moins et qu’on gagne des sous.

C’est aussi que quand les cours sont terminés, on n’est pas en vacances…

Voilà j’ai terminé ma deuxième année d’auditeur au cours du Louvre qui est en fait la première année, mais parce que la première en fait c’était l’initiation. C’est pas clair ? Tant pis, c’est peut être dû au délicieux Whisky japonais que je déguste en même temps que je rédige ces quelques lignes.

Dernier cours en, osons les termes superlatifs mérités dans une société qui en abuse pour camoufler la médiocrité du quotidien, apothéose avec un cours que j’intitulerais les “36 slides des monts et courants”.

Madame la professeur nous a synthétisé, via un petit powerpoint (comme quoi parfois ce logiciel permet de faire des choses utiles), en si peu de slides, 1200 ans de peinture chinoise. Bien sûr les oeuvres présentées sont toutes des chefs d’oeuvre, inutile d’y chercher une originalité iconographique mais surtout en donnant les premières clés de lecture.

C’est vrai le thème me passionne depuis l’exposition “Montagnes célestes” au Grand Palais (si je me souviens bien) en 2004.

En Chine, l’Art Majeur avec un grand A (et un grand M) est la calligraphie, il est tout naturel que le style de peinture le plus encensé –le paysage – en découle,  les médiums en étant les mêmes. Ce genre pictural doit être une invitation à l’introspection; le parcours de l’oeil dans l’oeuvre va faciliter et symboliser la méditation. C’est un genre érudit pour un public lettré qui en connait les codifications.

Un exemple sur l’oeuvre de Fan Kuan, Voyageurs aux milieux des montagnes et des ruisseaux.

La peinture se lit de bas en haut (et que vouliez-vous d’autres pour représenter une élévation spirituelle ?) en commençant par le coin gauche ou droit, – mais pas le milieu obstrué par un rocher-, le spectateur s’incarne dans son propre regard et déambule dans le quart inférieur, croise une caravane minuscule – idée du caractère sublime du paysage dans lequel l’homme ne fait que passer – grimpe dans le bosquet et parvient à un sanctuaire.

De là, le personnage a deux options : soit il reste sur place et médite en ce lieu, soit il se désincarne, devient un esprit de l’air et vole à travers la brume, gravit la falaise jusqu’au sommet et redescend par la cascade formidablement escarpée jusqu’au sanctuaire.

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Deux thèmes majeurs donc :

  • l’impermanence :  l’homme se meut furtivement dans un paysage immémorial,
  • le sublime : l’homme est tout petit devant la Nature, ses falaises abruptes, ses roches cyclopéennes qui déchirent la brume. Cependant, il est toujours présent, sous les traits d’un voyageur ou le toit d’une batisse.

Une autre chose à garder en mémoire est que les rouleaux horizontaux que nous admirons, déployés entièrement, dans nos expositions et musées étaient, à l’origine, destinés à être déroulés progressivement, dévoilant ainsi leur trame narrative.

Essayez avec Habiter dans les monts Fuchun que l’on peut, sur le site du musée de Taipei, dévoiler au fur et à mesure de notre randonnée picturale.

Si la découverte est progessive horizontalement, elle l’est aussi dans la profondeur. On ressent ainsi parfois une accoutumance visuelle à l’oeuvre qui nous fait distinguer des objets que nos regards initiaux avaient oublié. Ainsi sur le détail suivant, combien un regard furtif ne voient que de tortueux arbres auxpremier plan, penchés sur le cours d’eau et ignorent la lente émergence des cimes des bambous et conifères du second plan ?

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Enfin on reste parfois pantois devant le peu d’effets nécessaires à suggérer des étendues d’eau, des falaises. De vastes zones épargnées par l’encre se transforment ainsi en lacs par la seule présence d’un frêle esquif.

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Mais la peinture du paysage n’est pas le seul style et dans les autres la monochromie perd du terrain :

  • style de “fleurs et oiseaux”
  • une peinture plus instinctive, comme ici
  • peinture de scènes de cours à vocation morale (mais il faut connaître/lire les histoires sous-jacentes) ou propagandistes (“vous avez vu comme la cour est brillante ? Hé bien si vous continuez à obéir, elle le restera”).

En conclusion quelques peintres modernes (dont il paraît que les côtes s’envolent mais là je me sens plus concerné) :

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Bon j’ai adoré le cours et la prof donc du coup, j’ai emprunté le cours officiel (pas celui des auditeurs, celui des vrais élèves), 2 tomes de 400 pages à lire, miam.

Voilà pour ce dernier cours, passons au bilan de l’année,

  • une assiduité bien moindre que l’année dernière mais j’avais des bonnes excuses,
  • des cours dans l’ensemble très bons, même si finalement le rythme plus lent (par rapport à l’année 0) les rend moins synthétiques et donc moins essentiels.
  • la confirmation de ma misanthropie… beaucoup de monde toute l’année et beaucoup d’arrivées bruyantes en retard et de départ façon “patrouille des éléphants” en avance… Comme quoi la vie de retraité doit être trépidante et chargée !

Je râle, je râle mais je vais me réinscrire l’année prochaine. En revanche ce sera en cours du soir, l’horaire méridien ne me convient pas (faim/sieste/coupure de la journée)

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